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Michel Cazenove anime un atelier de grec ancien à Port-Royal .
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Le grec à Port-Royal: Un cours de grec ancien a été ouvert au musée en octobre 2011. Cinq étudiants reçoivent l’enseignement du pédagogue, Michel Cazenove. A cette occasion, posons-nous quelques questions. C’est l’article de notre ami Jean Lesaulnier dans les Chroniques de Port-Royal n°59« La secte des hellénistes de Port-Royal lectures grecques à l’hôtel de Liancourt » qui nous donne les réponses que nous résumons ici..
Helléniste et « secte des hellénistes de Port-Royal » Le mot helléniste est attesté à partir de 1651 en français au sens de « juif hellénisant ». Il désigne« les juifs d’Alexandrie, les juifs qui parlaient la langue des Septantes, les Juifs qui s’accommodaient aux usages des Grecs »(dictionnaire de l’Académie 1932-1935) Ils avaient oublié l’hébreu, et avaient développé une théologie propre. De là à se demander s’ils sont bien orthodoxes… C’est en 1808 que le sens moderne de personne qui s’occupe de la langue ou de la littérature grecque s’imposera. Le jésuite P.Labbé fait paraître en 1661 Les Etymologies (…) contre les abus de la secte des hellénistes de Port-Royal . Il y critique vivement les ouvrages de Lancelot, sa méthode pour étudier la langue grecque et Le Jardin des racines grecques de 1657. Il s’agit pour lui, en discréditant l’enseignement donné aux Petites Ecoles de discréditer les messieurs, l’abbaye et au-delà le jansénisme. Voilà comment Sainte-Beuve peut écrire : « Au sens d’érudit en langue grecque, le P.Labbé inventait le mot helléniste, et le prenait en mauvaise part ». Nous ne résisterons pas au plaisir de citer les attaques du P.Labbé, qualifiant l’abbaye de « couventicule champêtre »et rapportant la comptine des Jésuites lors de la fermeture des trois « petites écoles » : « Sevran est sevré, les Troux sont bouchés, et Le Chesnay déchaîné ». Port-Royal répondra par la Grammaire générale et raisonnée et La Logique de Port-Royal.
Que faisaient les hommes de Port-Royal de leur connaissance du grec ? Jean Lesaulnier s’appuie pour répondre à cette question sur le Recueil de choses diverses dont il a assuré la réédition en 1992 et où sont résumées les multiples conversations à l’hôtel de Liancourt. Lancelot et Nicole possédaient parfaitement le grec ; Arnauld d’Andilly, Lemaistre, Sacy, Racine et Boisguilbert etc l’avaient appris. Ils lisent ou tout au moins citent tous les auteurs anciens, dramaturges et poètes, philosophes (Aristote) mais surtout les écrivains chrétiens et particulièrement saint Jean Chrysostome. A partir de ce dernier, ils s’interrogent sur la primauté du pape (où se trouve-t-elle dans l’Ecriture ?), le rôle des conciles. Et Jean Lesaulnier de conclure qu’ils font preuve d’une liberté de ton qui peut surprendre. Ces hommes « sont des intellectuels parfois éloignés des réalités quotidiennes. Mais ils nous font entrevoir tout le parti que Port-Royal a su tirer de sa connaissance des auteurs anciens » dans leur souci de souligner l’apport de la Grèce et de Rome dans la culture française.
Et aujourd’hui ? Le cours de grec ose à peine se réclamer d’un patronage aussi éminent. Notre moderne Lancelot nous guide dans la découverte de l’Evangile selon saint Jean, en grec bien sûr, et il ne démérite pas tout à fait. |
