|
JANVIER
En
janvier, nous désherbons le pied des arbres afin d’éviter la concurrence des
mauvaises herbes avec les racines, pour une raison d’esthétique ce travail de
désherbage et d’entretien sera renouvelé plusieurs fois dans l’année. Ceci
terminé, nous bêchons superficiellement tout en essayant de reconstituer une
cuvette autour du tronc afin de ne pas recouvrir la greffe et d’éviter que
l’arbre ne s’affranchisse.
|

|

|
|
taille d'hiver (cliché F.Moulin)
|
atelier de taille fruitière (cliché F.Moulin)
|
|
FEVRIER
Une année, nous nous faisons livrer, contre
paiement, du B.R.F. (bois raméal fragmenté) que nous épandons en couches de 5 à
7 centimètres au pied des arbres pour les nourrir, mais aussi en espérant que
les mauvaises herbes mettront plus de temps à revenir. Une autre année, nous
répandons des feuilles mortes ; nous pouvons aussi profiter du curage de
la mare pour épandre les boues. Et nous achetons, une autre année encore, du
fumier de bovins très décomposé. L’important étant de varier la nourriture
autant que faire se peut.
Ensuite, début février, nous commençons les tailles
de formation et de fructification, incontournables. Elles consistent à ralentir
la pousse en vert au profit des fruits, et à conserver toujours cette forme de
buisson basse-tige, ouvert au centre, afin que l’air et le soleil puissent bien
pénétrer. La taille est toujours une opération délicate qui peut compromettre
la récolte et le développement de l’arbre. Elle requiert donc un savoir faire
très spécialisé.
Port-Royal étant toujours une école dans l’esprit
du XVII siècle, nous organisons une demi-journée de démonstration de taille
pour tous ceux qui le souhaitent, avec le concours de l’association des
Croqueurs de pommes, et les conseils de François Moulin, qui a été durant 29
ans jardinier au Potager du roi de Versailles. Cette démonstration a lieu selon
les années en décembre, janvier ou février
|
|
MARS
Vers le 15 mars, fin de la taille.
Un peu après, au moment du débourrement,
c’est-à-dire le gonflement des bourgeons, nous réalisons un premier traitement
préventif à la décoction de prêle, plante qui pousse dans les endroits humides,
et qui contient beaucoup de silice. Elle soigne les maladies
cryptogamiques : oïdium, cloque du pêcher, tavelure, rouille grillagée,
monilia et même les taches noires des rosiers. Ce traitement est complémentaire
de la bouillie bordelaise ; il sera renouvelé au moment de la chute des
feuilles en novembre.
épandage et paillage (cliché F.Moulin)
AVRIL
C’est chaque année la lutte contre la cécidomyie
des poirettes, petit diptère à peine visible à l’œil nu, mais qui peut faire de
gros dégâts à Port-Royal en piquant les bourgeons pour pondre. Un mois plus
tard, les bourgeons sont infestés de petits vers qui déforment la poire et la
rendent impropre à la consommation. Il faudra éliminer ces poires atteintes.
Cela peut représenter 10 à 20 % de la récolte les années de fortes attaques.
Pour réduire ces attaques, nous accrochons dans les
arbres des plaques jaunes qui attirent l’insecte qui se colle dessus, sans
jamais atteindre une efficacité à 100%.
Fin avril, tous à vos appareils photos : c’est
le moment de la pleine floraison au verger. C’est aussi le moment où des
centaines de milliers d’ouvrières viennent nous aider à la pollinisation depuis
que six ruches ont été placées dans le vallon de Port-Royal. Nous allons aussi
semer des fleurs dans des plates-bandes dissimulées dans le verger, puisque,
pour une raison esthétique, étant donné que nous sommes dans un musée, le
verger est tondu régulièrement.
|

le verger en fleurs devant les Petites ecoles -photo Régine Ménissier
|
MAI
C’est le moment de l’éclaircissage physiologique
des fruits. En principe, l’arbre ne devrait conserver que les fruits qu’il pourra nourrir, mais il faut
presque toujours l’aider manuellement, et quelquefois même en faisant deux
passages à un mois d’intervalle, suivant sa capacité à produire. La règle est
de ne laisser que deux fruits par bouquet (pommes et poires) et un fruit tous
les huit-dix centimètres (pêches). Ceci, pour éviter que l’arbre ne produise
qu’une année sur deux. C’est ce qu’on appelle « éviter
l’alternance ». C’est aussi pour avoir de plus gros fruits, plus colorés,
plus goûteux.
éclaicissage : avant, après (cliché F.Moulin)
Ensuite, quand les poires atteignent la grosseur
d’une noix environ, c’est l’ensachage, facultative pour les poires mais
indispensable pour le raisin. Ce sont des sacs en papier « Kraft » ou
tissu, en toile à beurre de préférence, qui ont été confectionnés par des
bénévoles. Ils protègent les fruits contre les guêpes, les frelons, les
oiseaux, et aussi contre les visiteurs indélicats.
A cette époque, l’arbre a besoin de nourriture.
Nous réalisons des traitements au purin de consoude qui contient beaucoup de
potasse, très bon pour les fruits, en alternance avec du purin d’ortie riche en
azote, plutôt réservé pour les parties vertes.
ensachage de poires et raisins (cliché F.Moulin)
|
 |
JUIN
On continue les traitements en fonction des besoins
des arbres. Sauf les années où il y a beaucoup de coccinelles, il arrive
souvent que nous ayons des invasions de pucerons que nous éliminons en
procédant à un traitement au purin de fougère auquel nous ajoutons un peu de
savon liquide pour l’adhérence.
Fin de mois, on peut pratiquer la taille d’été
surtout sur les arbres en espalier afin d’exposer les fruits aux rayons
bénéfiques du soleil
greffes (cliché F.Moulin)
|
JUILLET- AOUT
C’est le tout début de la cueillette ; on
commence avec les poires de Jésus. La cueillette s’échelonnera jusqu’à fin
octobre en fonction des variétés.
Il faudra compter les poires ou les peser pour
chaque arbre. Ensuite, on les transporte dans des caisses et on les stocke sur
des étagères dans une grange qui sert de fruitier. Grâce à une bonne aération,
des murs très épais et une surveillance assidue, nous obtenons une conservation
correcte avec un minimum de perte.
Pendant la période estivale, il faudra
éventuellement procéder à des arrosages surtout sur les jeunes arbres et contre
le mur.
La récolte des poires, et celle des prunes (cliché F.Moulin)
 |
En juillet, ce sont les abricots qui sont mûrs,
suivis des pêches en août.
Sur le mur, la culture en espalier demande des
soins encore différents puisqu’il s’agit essentiellement de pêchers et
d’abricotiers qui se taillent et se traitent à d’autres périodes.
Le gros travail de la culture en espalier est évidemment
l’accrochage à la loque : c’est un travail à reprendre tout au long de la
saison parce que les branches poussent. Et comme le mur actuel, qui date de
2004, n’a pas été construit selon les normes préconisées par Arnauld d’Andilly, il faut faire des avant-trous à
la perceuse pour pouvoir enfoncer le clou au marteau. La température le long du
mur au sud dépasse souvent les 35 degrés !
Pour la vigne, c’est autre chose encore. Elle
demande un soin continu jusqu’à la récolte début octobre.
palissage à la loque (cliché F.Moulin)
|
SEPTEMBRE
Arrive le moment de ramasser les prunes,
essentiellement mirabelles et quetsches. Ce travail est partagé avec les
patients de l’institut Marcel Rivière qui nous aident également pour la
préparation afin de conserver les fruits au congélateur. Ce verger, en plus
d’être historique et conservatoire, a également un rôle thérapeutique.
|
OCTOBRE et
NOVEMBRE
Vient le moment d’élaguer les 24 pruniers qui
encadrent les carrés du verger.
DECEMBRE
On termine le rangement des fruits dans la grange,
on profite des périodes de neige et de froid pour faire de l’identification et
de la reconnaissance des variétés de poires, parmi les 3000 existantes, car il peut
y avoir des erreurs d’appellation principalement sur le mur du verger.
Nous prévoyons d’installer dans une plate-bande du
potager une petite pépinière avec différents porte-greffe (pruniers, poiriers,
pommiers), ce qui nous permettra de procéder à d’éventuels remplacements. En
2010, nous avons perdu quatre arbres par attaque du pourridié armillaire,
champignon qui contamine les racines et tue l’arbre parfois rapidement
|
 |
|
|