Les amis du dehors

Association des amis du musée national de Port-Royal des Champs

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Les volontaires de l'association s'investissent de même dans chacun des jardins de Port-Royal...

 

Voir par exemple ici

le travail dans le potager,

évoqué par Janine Féland.

 

 

Quatre "Amis du dehors", également croqueurs de pommes, soignent et aiment le beau verger de Port-Royal et ses espèces anciennes, voire rares.

Voici quelles sont les soins apportés, précisés par Hubert Parmentier"

 

Travaux effectués au verger au cours de l’année

 Bien des gens se demandent ce que font les quatre bénévoles au verger. Mais il faut savoir que, depuis le péché originel, la nature ne donne plus rien si on ne la travaille pas. Voici donc, mois par mois, les principales opérations réalisées pour conduire ce verger.

Avant d’entreprendre quoi que ce soit, le jardinier visite systématiquement tous les arbres pour vérifier leur état sanitaire (petites bêtes, champignons, branches cassées etc.). Et ensuite, dans l’ordre chronologique :

JANVIER

En janvier, nous désherbons le pied des arbres afin d’éviter la concurrence des mauvaises herbes avec les racines, pour une raison d’esthétique ce travail de désherbage et d’entretien sera renouvelé plusieurs fois dans l’année. Ceci terminé, nous bêchons superficiellement tout en essayant de reconstituer une cuvette autour du tronc afin de ne pas recouvrir la greffe et d’éviter que l’arbre ne s’affranchisse.

taille d'hiver (cliché F.Moulin)

atelier de taille fruitière (cliché F.Moulin)

FEVRIER

Une année, nous nous faisons livrer, contre paiement, du B.R.F. (bois raméal fragmenté) que nous épandons en couches de 5 à 7 centimètres au pied des arbres pour les nourrir, mais aussi en espérant que les mauvaises herbes mettront plus de temps à revenir. Une autre année, nous répandons des feuilles mortes ; nous pouvons aussi profiter du curage de la mare pour épandre les boues. Et nous achetons, une autre année encore, du fumier de bovins très décomposé. L’important étant de varier la nourriture autant que faire se peut.

Ensuite, début février, nous commençons les tailles de formation et de fructification, incontournables. Elles consistent à ralentir la pousse en vert au profit des fruits, et à conserver toujours cette forme de buisson basse-tige, ouvert au centre, afin que l’air et le soleil puissent bien pénétrer. La taille est toujours une opération délicate qui peut compromettre la récolte et le développement de l’arbre. Elle requiert donc un savoir faire très spécialisé.

Port-Royal étant toujours une école dans l’esprit du XVII siècle, nous organisons une demi-journée de démonstration de taille pour tous ceux qui le souhaitent, avec le concours de l’association des Croqueurs de pommes, et les conseils de François Moulin, qui a été durant 29 ans jardinier au Potager du roi de Versailles. Cette démonstration a lieu selon les années en décembre, janvier ou février

 

MARS

Vers le 15 mars, fin de la taille.

Un peu après, au moment du débourrement, c’est-à-dire le gonflement des bourgeons, nous réalisons un premier traitement préventif à la décoction de prêle, plante qui pousse dans les endroits humides, et qui contient beaucoup de silice. Elle soigne les maladies cryptogamiques : oïdium, cloque du pêcher, tavelure, rouille grillagée, monilia et même les taches noires des rosiers. Ce traitement est complémentaire de la bouillie bordelaise ; il sera renouvelé au moment de la chute des feuilles en novembre.

 

épandage et paillage (cliché F.Moulin)

AVRIL

C’est chaque année la lutte contre la cécidomyie des poirettes, petit diptère à peine visible à l’œil nu, mais qui peut faire de gros dégâts à Port-Royal en piquant les bourgeons pour pondre. Un mois plus tard, les bourgeons sont infestés de petits vers qui déforment la poire et la rendent impropre à la consommation. Il faudra éliminer ces poires atteintes. Cela peut représenter 10 à 20 % de la récolte les années de fortes attaques.

Pour réduire ces attaques, nous accrochons dans les arbres des plaques jaunes qui attirent l’insecte qui se colle dessus, sans jamais atteindre une efficacité à 100%.

Fin avril, tous à vos appareils photos : c’est le moment de la pleine floraison au verger. C’est aussi le moment où des centaines de milliers d’ouvrières viennent nous aider à la pollinisation depuis que six ruches ont été placées dans le vallon de Port-Royal. Nous allons aussi semer des fleurs dans des plates-bandes dissimulées dans le verger, puisque, pour une raison esthétique, étant donné que nous sommes dans un musée, le verger est tondu régulièrement.

le verger en fleurs devant les Petites ecoles -photo Régine Ménissier

MAI

C’est le moment de l’éclaircissage physiologique des fruits. En principe, l’arbre ne devrait conserver que  les fruits qu’il pourra nourrir, mais il faut presque toujours l’aider manuellement, et quelquefois même en faisant deux passages à un mois d’intervalle, suivant sa capacité à produire. La règle est de ne laisser que deux fruits par bouquet (pommes et poires) et un fruit tous les huit-dix centimètres (pêches). Ceci, pour éviter que l’arbre ne produise qu’une année sur deux. C’est ce qu’on appelle « éviter l’alternance ». C’est aussi pour avoir de plus gros fruits, plus colorés, plus goûteux.

   

      

éclaicissage : avant, après  (cliché F.Moulin)

 

Ensuite, quand les poires atteignent la grosseur d’une noix environ, c’est l’ensachage, facultative pour les poires mais indispensable pour le raisin. Ce sont des sacs en papier « Kraft » ou tissu, en toile à beurre de préférence, qui ont été confectionnés par des bénévoles. Ils protègent les fruits contre les guêpes, les frelons, les oiseaux, et aussi contre les visiteurs indélicats.

A cette époque, l’arbre a besoin de nourriture. Nous réalisons des traitements au purin de consoude qui contient beaucoup de potasse, très bon pour les fruits, en alternance avec du purin d’ortie riche en azote, plutôt réservé pour les parties vertes.

ensachage de poires et raisins (cliché F.Moulin)

   JUIN

On continue les traitements en fonction des besoins des arbres. Sauf les années où il y a beaucoup de coccinelles, il arrive souvent que nous ayons des invasions de pucerons que nous éliminons en procédant à un traitement au purin de fougère auquel nous ajoutons un peu de savon liquide pour l’adhérence.

Fin de mois, on peut pratiquer la taille d’été surtout sur les arbres en espalier afin d’exposer les fruits aux rayons bénéfiques du soleil

 

greffes (cliché F.Moulin)

 

JUILLET- AOUT

C’est le tout début de la cueillette ; on commence avec les poires de Jésus. La cueillette s’échelonnera jusqu’à fin octobre en fonction des variétés.

Il faudra compter les poires ou les peser pour chaque arbre. Ensuite, on les transporte dans des caisses et on les stocke sur des étagères dans une grange qui sert de fruitier. Grâce à une bonne aération, des murs très épais et une surveillance assidue, nous obtenons une conservation correcte avec un minimum de perte.

Pendant la période estivale, il faudra éventuellement procéder à des arrosages surtout sur les jeunes arbres et contre le mur.

  

   

La récolte des poires, et celle des prunes (cliché F.Moulin)

 

En juillet, ce sont les abricots qui sont mûrs, suivis des pêches en août.

Sur le mur, la culture en espalier demande des soins encore différents puisqu’il s’agit essentiellement de pêchers et d’abricotiers qui se taillent et se traitent à d’autres périodes.

Le gros travail de la culture en espalier est évidemment l’accrochage à la loque : c’est un travail à reprendre tout au long de la saison parce que les branches poussent. Et comme le mur actuel, qui date de 2004, n’a pas été construit selon les normes préconisées par Arnauld d’Andilly, il faut faire des avant-trous à la perceuse pour pouvoir enfoncer le clou au marteau. La température le long du mur au sud dépasse souvent les 35 degrés !

Pour la vigne, c’est autre chose encore. Elle demande un soin continu jusqu’à la récolte début octobre.

 

palissage à la loque (cliché F.Moulin)

 

SEPTEMBRE

Arrive le moment de ramasser les prunes, essentiellement mirabelles et quetsches. Ce travail est partagé avec les patients de l’institut Marcel Rivière qui nous aident également pour la préparation afin de conserver les fruits au congélateur. Ce verger, en plus d’être historique et conservatoire, a également un rôle thérapeutique.

 

OCTOBRE et NOVEMBRE

Vient le moment d’élaguer les 24 pruniers qui encadrent les carrés du verger.

 

DECEMBRE

On termine le rangement des fruits dans la grange, on profite des périodes de neige et de froid pour faire de l’identification et de la reconnaissance des variétés de poires, parmi les 3000 existantes, car il peut y avoir des erreurs d’appellation principalement sur le mur du verger.

 

Nous prévoyons d’installer dans une plate-bande du potager une petite pépinière avec différents porte-greffe (pruniers, poiriers, pommiers), ce qui nous permettra de procéder à d’éventuels remplacements. En 2010, nous avons perdu quatre arbres par attaque du pourridié armillaire, champignon qui contamine les racines et tue l’arbre parfois rapidement

 

 

 

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les Amis du dehors, 7 rue Robert Fleury 78114 Magny-les-Hameaux tel 06 80 94 95 76