Les amis du dehors

Association des amis du musée national de Port-Royal des Champs

Accueil

Port-Royal

L'association

Nos activités

Liens utiles

 

Le site de Port-Royal

Les jardins

   

dia_gray.gif A propos de Port-Royal des Champs:

dia_gray.gif L'hydraulique Cistercienne à Port-Royal.(JF Mondy)

dia_gray.gif Les propriétés terriennes de l'abbaye (E.Weaver)

dia_gray.gif Paysages culturels de Port-Royal (S.Hilaire)

 

« Le monastère de Port-Royal :

aussi riche en propriétés qu’en prières »

Ce texte est le résumé de la conférence donnée par madame Ellen Weaver Laporte, auteur de "Le Domaine de Port-Royal, histoire documentaire 1669-1710" aux Editions Nolin  

« L’Eglise, dans l’ancien régime, était énormément riche. Selon Barbier, un avocat cynique qui se délectait en anticléricale exagération, un tiers de l’entier territoire de la France était possédé par l’Eglise. Quand j’ai proposé un titre pour cette présentation, on m’a demandé pourquoi j’ai donné le nom « monastère » à Port-Royal des Champs plutôt qu’« abbaye ».

J’ai choisi le terme générique parce que, au commencement de la Révolution, quand il était question de la vente des terres sacrées pour payer les dettes de l’Etat, de toutes les possessions de l’Eglise, celles des monastères –abbayes, couvents et autres- étaient les plus étendues et riches, surtout celles qui ont été possédées par les anciens Ordres, comme les Bénédictins, les Chartreux et les Cisterciens.

Quand j’ai commencé mes études doctorales à l’université de Princeton, j’ai choisi, comme sujet l’histoire de la liturgie et du monachisme, et j’ai trouvé dans cette histoire un mouvement liturgique au XVIIe siècle à Paris. Dans mes recherches sur ce mouvement, j’ai trouvé les contributions des messieurs de Port-Royal à la rédaction de certains offices liturgiques, et, surtout, à celle du Rituel d’Alet. C’était la naissance de mon intérêt pour Port-Royal.

Quand j’ai commencé mes études doctorales à l’université de Princeton, j’ai choisi, comme sujet l’histoire de la liturgie et du monachisme, et j’ai trouvé dans cette histoire un mouvement liturgique au XVIIe siècle à Paris. Dans mes recherches sur ce mouvement, j’ai trouvé les contributions des messieurs de Port-Royal à la rédaction de certains offices liturgiques, et, surtout, à celle du Rituel d’Alet. C’était la naissance de mon intérêt pour Port-Royal.

Plusieurs des études de Port-Royal concernent sa spiritualité, et c’est vrai que les moniales de Port- Royal étaient, comme mon titre propose, « riches en prières ». Mais, mon intérêt pour l’histoire du monachisme, et mes recherches dans les Archives, m’ont menée à la conjoncture que Port-Royal, comme tous les monastères, était aussi « riche en propriétés ». Après la publication de Mademoiselle de Joncoux, j’ai suivi cette hypothèse avec une analyse des documents que j’ai trouvés aux Archives nationales et dans le minutier des notaires de Paris. Un état du début de ces travaux a été présenté dans le colloque de 2005 sous le titre Le Patrimoine de Port-Royal :Seigneuries, Fermes, Rentes.

Le Domaine de Port-Royal, Histoire documentaire 1669-1710 est l’achèvement de cette étude.

Celle-ci avait été préparée par mes études sur le monachisme en France et c’est dans cette perspective que j’ai mis le monastère de Port-Royal. Jean-Marc Moriceau écrit :

"Au coeur du Bassin parisien, sur les plateaux qui entourent la capitale, « France », Valois, Multien, Brie, Hurepoix, Vexin- la mise sur le marché des grands domaines ecclésiastiques ou nobiliaires, jalousement préservés depuis le Moyen Age, fut donc un événement sans précédent. Car, en 1789, la structure de la propriété des deux premiers ordres, si puissants aux portes de Paris ou à Versailles, reposait sur de grandes unités dont les dimensions et la concentration relative marquaient fortement le paysage agraire".

Port-Royal, situé en Hurepoix, occupe le neuvième entre les quinze premiers propriétaires de fermes ecclésiastiques dans le coeur des campagnes parisiennes et était un des grands domaines ecclésiastiques qui furent mis sur le marché. Les propriétés du domaine de Port-Royal qui furent partagées entre Port-Royal de Paris et Port -Royal des Champs en 1669 s’étendaient à l’ouest de Paris jusqu’à Nanterre, au sud-ouest entre Montfort-l’Amaury et Chartres, en passant par Rambouillet, et au sud jusqu’à Mondeville, entre Melun et La Ferté-Allais. Entre les propriétés les plus importantes mentionnées dans les documents transcrits dans mon livre, on trouve :

Propriétés de Port-Royal des Champs : le monastère des Champs, la ferme des Granges, la ferme de Champgarnier, la ferme et Seigneurie de Montigny, la Seigneurie de Troux.

Propriétés de Port-Royal de Paris : le monastère de Port-Royal de Paris, la ferme de Mondeville, la ferme du petit Port-Royal, la ferme de Villiers-le-Bâcle, la ferme à Seuilly en Normandie.

Les fermes des Granges et de Champgarnier, proches de l’abbaye des Champs, étaient des sources majeures de subsistance. Les fermes de Port-Royal de Paris étaient aussi sources de subsistance pour cette maison. Mais la vente des produits des fermes a aussi contribué aux revenus. Les maisons de Port-Royal avaient par ailleurs plusieurs autres sources de revenus : rentes, loyers, cens sur leurs terres, pensions, et même denrées, petits produits comestibles faits par les moniales.

Port-Royal des Champs avait aussi deux moulins, signes de richesse à cette époque, le moulin de Germainville et celui de Fauveau. »

On peut maintenant répondre de façon étayée au reproche souvent entendu que Port-Royal des Champs aurait été défavorisé dans le partage de 1669, lorsque l’abbaye de Paris, signataire et rangée sous l’autorité de l’archevêque de Paris est séparée officiellement de l’abbaye des Champs qui refuse de signer le formulaire. Les documents publiés dans l’ouvrage, registres comptables des deux abbayes entre 1669 et 1696 puis entre 1697 et 1706 montrent que, si Paris fut favorisé, c’est dans une mesure moindre que ce que l’on croyait jusqu’alors.

Le mérite de l’étude d’Ellen Weaver est aussi d’indiquer de nombreuses pistes de recherches qui restent à entreprendre : analyse détaillée des récoltes, ce qu’il advient des biens après la Révolution, examen des réparations très onéreuses faites au monastère de Paris, etc.

 

contactez-nous

les Amis du dehors, 7 rue Robert Fleury 78114 Magny-les-Hameaux tel 06 80 94 95 76